Le « Made in Germany »
par Nathalie Nyffeler
Pratiquement tous les produits que nous consommons portent l’étiquette du pays de fabrication ou d’élaboration. Le fameux « Made in … ». Cette appellation familière, entrée dans nos mœurs, nous donne des indications autrement plus subjectives sur le produit. Elle peut, selon nos expériences, selon quelques clichés ou préjugés, nous rappeler quelques sentiments avant même d’acheter le produit en question : la bonne qualité allemande, le produit du terroir français, le style italien, etc.
Pourtant, derrière ce label, se cache une histoire fascinante. Cette étiquette est née en 1887 suite à une loi protectionniste au Royaume-Uni. Elle visait à distinguer les produits provenant du Commonwealth des biens d’importation (de source principalement allemande). Le but était d’inciter la population anglaise à consommer des produits nationaux et ainsi de soutenir l’industrie anglaise.
Bien qu’au départ il y eut effectivement une baisse de la demande de produits allemands, ce label finit par tourner à leur avantage. Les biens « Made in Germany » étaient tants appréciés de la population anglaise, car synonymes de solidité, qualité, voire de perfection que les industriels allemands apposaient d’office cette étiquette sur leurs produits. Cette situation a fini par pousser certains producteurs anglais en perte de vitesse à vendre leurs produits sous label allemand, c’est dire!
Avec le temps, la labellisation par provenance s’est généralisée. On peut se poser la question si, de nos jours, cette étiquette est pertinente tant la mondialisation s’est développée. A titre d’exemple, quel succès aurait eu l’iPhone s’il était estampillé « Made in China », qui est pourtant son pays de fabrication ?
Sacha Pavlovic, Innovateur en devenir, HEIG-VD
Références
• Hans-Günther Borck, Ein gemeinsames Erbe: « Made in Germany ». Wettbewerb in Recht und Praxis, 1993 , p. 301-303
• Julia Wulf, « Made in Germany »: Wirtschaftliche Bedeutung und rechtliche Schutzmöglichkeiten, Francfort-

