Photos et présentations du colloque

Posté le 27 6 2010
par Nathalie Nyffeler

Découvrez les présentations des intervenants et les photos du colloque:

- Photos du colloque

- Nathalie Nyffeler, professeur HEIG-VD, Pascal Vuilliomenet, adjoint à la vice-présidence à l’innovation EPFL: Découvrez les projets Marketing et Innovation 2010

- Yves Corminboeuf, spécialiste en développement durable, designer indépendant et professeur à la Haute école d’art et de design Genève: De l’éco-design au design participatif

- Joëlle Mastelic, professeur HES-SO Valais, spécialiste en open innovation, Walter R. Stahel, fondateur et directeur du Product-Life Institute, Genève: Marketing et Product Design dans une économie de fonctionnalité

- Dimitri Caudrelier et Julien Boucher, Quantis: Comment analyser, améliorer ou communiquer la performance environnementale de vos produits?

- Elmar Mock, fondateur de Creaholic SA et cocréateur de la Swatch

Voyage au centre de la Terre 2010 à la Saline de Bex ou comment créer la cohésion au sein d’une équipe d’innovateurs en devenir ?

Posté le 28 5 2010
par Nathalie Nyffeler

Prendre un petit train qui s’enfonce dans les entrailles de la Terre et des Pré-Alpes (qui font bien partie des Alpes, demandez au chimiste cantonal). L’avantage: impossibilité d’avoir du réseau. Pour la première fois en une année, les innovateurs en devenir sont déconnectés du XXIe siècle : pas de wifi, plus de Twitter ou de Facebook, interdit de skyper.

Ensuite, on demande à 24 innovateurs en devenir d’être à 8:30 h pile devant la gare. Tous à l’heure, des petits yeux, mais à l’heure. La Dream Team devait être au complet, mais seul deux braves furent présents et les autres le regrettent amèrement…

Ensuite, il faut un GIA (gentil innovateur animateur) en la personne du directeur de la Saline de Bex, Bruno Kemm, qui accompagne les IeD dans la phase solide du processus Marketing & Innovation, la phase Innov_Idée.

Décider du business modèle adéquat, l’étude de marché prospective portera-t-elle ses fruits? L’idée fait-elle du sens dans la stratégie actuelle et future? Comment dessiner un plan financier avec autant d’incertitudes et de questions en suspens? Voilà les questions auxquelles Bruno Kemm tente de répondre.

Je vous rassure: nous avons travaillé sérieusement un peu, beaucoup, passionnément. Mais surtout, on a appris à se découvrir dans un environnement différent construit à la pioche par des générations de mineurs. Etant aux portes du Valais, nous ne pouvions pas ne pas profiter des charmes de la raclette. Merci à la générosité de nos hôtes de la journée.

Et finalement, retour à la soi-disant civilisation. 24 IeD, le sourire aux lèvres, des échanges nouveaux, des regards de complicité et le sentiment d’avoir vécu une journée exceptionnelle à l’image de l’aventure vécue depuis mi-septembre 2009 et qui se clôturera le 11 juin 2010 par notre colloque.

Un peu de tristesse néanmoins car ce Voyage au Centre de la Terre sera le dernier pour nous. Notre GIA quittant la direction de la Saline de Bex, il faudra trouver un lieu aussi atypique, décalé et différent pour notre course d’école 2011. Chouette, un nouveau défi!

Nathalie Nyffeler
Professeur, responsable projet M&I
i0i0i0

i0i0i0

i0i0i0

Découvrez les résultats du 1er baromètre sur les Romands et le développement durable !

Posté le 16 3 2010
par Nathalie Nyffeler

Pour la première fois, une véritable étude de marché des comportements, des attentes et des opinions de la population suisse romande face au développement durable a été effectuée. Cette analyse menée en collaboration entre l’association Nicefuture, l’Institut d’Intelligence Marketing Joaquin Fernandez et la HEIG-VD dévoile une réalité représentative des habitudes de la population en matière de développement durable et de consommation éthique.

Dans le cadre de cette étude, un questionnaire a été élaboré et un échantillon représentatif de 600 individus entre 15 et 70 ans (réparti proportionnellement entre les différents cantons romands) a été sélectionné, parmi lesquels la moitié était favorable au développement durable. Il ressort nettement que 48% de la population se sent fortement impliquée pour un développement durable. Pour ces mêmes personnes, le développement durable est en général associé principalement à la protection de l’environnement. Une grande majorité de la population (86%) se dit concernée par les problèmes de pollution, même si elle n’est pas prête à renoncer à l’usage de la voiture. 92% des Romands trient leurs déchets et une bonne partie d’entre eux se sent également concernée par les économies d’eau et d’énergie. Les Romands ne sont pas particulièrement touché par la question des OGM, mais sont à 86% locavores. Par contre, la consommation de produits bio reste de l’ordre de 5%. Pour conclure, les comportements des femmes sont le moteur d’évolution pour plus de durabilité dans la société, loin devant les hommes. Voici certaines des tendances qui se dégagent de cette étude qualitative et quantitative.

L’étude permet également de définir des profils-types de la population (12 typologies distinctes) qui permettent de mieux comprendre l’individu et sa capacité de réaction et d’action face aux enjeux environnementaux et sociaux.

Ce baromètre se veut un outil de mesure précis de l’état des lieux du développement durable en Suisse et permettra de suivre l’évolution des mentalités et des comportements durables. Il sera effectué tous les deux ans.

Une synthèse des principaux résultats de cette étude sera dévoilée lors d’une conférence de presse qui aura lieu le 23 mars à 18h.00 au Casino de Montbenon en présence de nombreuses personnalités. Vous trouverez ci-joint le programme complet de cette soirée ainsi que votre invitation personnelle. N’hésitez pas à venir (entrée gratuite, inscription obligatoire).

Invitation baromètre DD

E-Réputation: Le Côté Obscur de la Force?*

Posté le 8 3 2010
par Nathalie Nyffeler

Comment réaliser une étude de marché sans moyen, avec des étudiants sans le sou ? A priori, vous allez me dire que c’est impossible, notamment quand la question de recherche est la suivante : « Les chasseurs suisses sont-ils intéressés à acheter un dispositif de sécurité à installer sur leur fusil ? ». Bien évidemment, nous nous sommes orientés vers des approches classiques : analyse des données secondaires, entretiens qualitatifs semi-directifs avec des experts …. observations in situ de chasses (pour l’anecdote, je me souviens encore du visage déconfit de mes étudiants à l’annonce de l’obligation de suivre une chasse pour de vrai. Et voilà qu’un de mes étudiants me dit : il n’y a qu’à utiliser un groupe de chasseurs sur Facebook ! Bonne idée fut ma première réflexion … et ma 2ème : c’est quoi Facebook ! Je savais bien que mes étudiants qui semblaient tellement assidus à prendre des notes pendant mes cours devaient peut-être éventuellement faire autre chose. Difficile de ne pas être tenté de surfer pendant les cours lorsque toutes les salles sont équipées de wi-fi. Grâce à Régis, j’entrais dans le monde de facebook et nous avons réalisé une EDM sans frais, avec des résultats très intéressants pour notre mandant, une PME d’Yverdon-les-Bains.

Grâce à ce projet, je fis donc mon entrée dans Facebook. J’ouvris mon compte et acceptais de devenir amie avec certains de mes étudiants dans une tentative de découverte sociologique de ce monde qui m’était alors étranger. Une chose me frappa : pourquoi certains de mes étudiants publient-ils des informations aussi privées et parfois compromettantes alors qu’ils sont à quelques mois de la sortie de leurs études. Pourquoi m’ont-ils demandé de les inclure dans mon cercle d’amis, moi leur prof, alors que j’ai pu lire des remarques du type : « il y a les examens demain, mais je suis mieux à la piscine » ? ! ? La TV réalité, les shows sur MTV nous ont-ils amené à vouloir devenir acteurs de notre propre existence, sans volonté de cloisonner nos mondes privés et professionnels, dans une vague de voyeurisme généralisé ? Vaste débat, me direz-vous.

Ces réflexions ont donné naissance à la thématique de la dernière conférence de Career-Woman (www.career-woman.ch), organisée le mercredi 3 mars 2010 à la HEIG-VD : « J’existe sur le web : avantages et dangers ». L’objectif était de lancer le débat avec les étudiantes des HEG de la HES-SO. Découvrez, pour ceux qui n’ont pas pu nous rejoindre, la présentation de Nicolas Pittet, directeur adjoint de details.ch: E-Reputation, le côté obscur de la Force : http://www.slideshare.net/nicolaspittet/erputation-le-ct-obscur-de-la-force.

Nathalie Nyffeler

*Titre emprunté à Nicolas Pittet, merci !

Y a-t-il plus de noblesse dans un chou fraîchement cueilli que dans un homard surgelé ?

Posté le 3 3 2010
par Nathalie Nyffeler

Les entreprises doivent innover pour assurer leur survie et doivent intégrer les principes du développement durable. Mais est-ce réellement compatible et comment est-ce concrètement conciliable? Réservez d’ores et déjà la date du vendred 11 juin 2010 et rejoignez-nous à l’aula de la HEIG-VD (bâtiment route de Cheseaux) dès 16.00 pour en discuter de vive voix.

Le programme
Découvrez les outils développés par la HEIG-VD & l’ECAL pour accompagner une technologie vers un marché potentiel: cas pratique avec la start-up Geroco, spécialisée en gestion énergétique (www.geroco.ch)

Innovation workshop
4 ateliers animés par des professionnels qui partagent leurs expériences et best practices. Vous pourrez bientôt vous inscrire dans l’atelier de votre choix. Les thématiques suivantes seront abordées: Comment marier développement durable et développement de produits ? Comment innover écologiquement grâce à l’économie de fonctionalité? Comment l’innovation technologique permet-elle de réduire les impacts sur l’environnement? et finalement Des équipes innovantes: des liaisons … non dangeureuses.

Table-ronde animée par Victoria Marchand, rédactrice en chef du magazine des médias com.in
(www.cominmag.ch): « Peut-on innover durablement? »

Key speaker: Elmar Mock, fondateur de Creaholic SA et co-inventeur de la montre Swatch
(www.creaholic.com)

Inscription bientôt possible sur notre blog.

If you want to innovate: think opposite and not different

Posté le 18 2 2010
par Nathalie Nyffeler

Depuis près de deux ans, j’ai le plaisir de piloter le projet OMI (nom de code pour Option Marketing & Innovation). Ma marque de fabrique: mélanger les genres, mélanger les métiers et les cultures et oser une approche pédagogique différente en intégrant systématiquement les étudiants dans la plupart de mes projets.

Les rencontres effectuées dans le cadre du cours OMI-1 m’ont permis d’imaginer un nouveau projet sur lequel je travaille depuis septembre 2009 en compagnie de deux classes d’étudiants en formation en emploi, le lancement du premier

Baromètre des Suisses et du Développement Durable
Ce baromètre est le résultat d’une étude de marché quantitative et qualitative sur le comportement des Romands en matière de développement durable et qui a comme objectif d’offrir un panorama exhaustif et représentatif des sensibilités en matière de développement durable et de consommation éthique. A ce jour, aucun autre baromètre n’existe en Suisse.

Ce projet exclusif en Suisse a été mené conjointement entre une association leader dans la communication du développement durable en Suisse romande (www.nicefuture.com) grâce à l’aide précieuse de sa directrice Barbara Steudler et un Institut de recherche reconnu pour son professionnalisme et la pertinence de ses études via son directeur Joaquin Fernandez (www.jfernandez.ch) et la HEIG-VD par mon intermédiaire.

Si les résultats de ce baromètre vous intéressent, alors réservez la date du mardi 23 mars 2010 à 18h00, au Casino de Montbenon à Lausanne. Les résultats vous seront présentés et commentés lors de la conférence de presse en présence d’un parterre de personnalités (le programme suivra ultérieurement). Une partie des résultats sera aussi publiée début avril sur le site internet dédié au «Baromètre Suisse du développement durable»: www.swisstainability.org.

Vous allez me dire, mais quel est le lien avec l’innovation? En fait, je me suis rendue compte que j’innove constamment dans ma façon d’envisager mon métier : l’enseignement. Il suffit de penser «à l’opposé» et ne de pas se limiter à des limites financières ou administratives: «c’est trop compliqué, on n’a pas les fonds, on ne peut pas intégrer des étudiants à ce genre de projets, blablabla» Voilà le genre de remarques glanées au fil du temps. Et bien, non! Il faut imaginer des projets hors normes. Il faut oser les mettre sur pied malgré les apparentes difficultés. Si le projet est porteur et mené par des personnalités motivées et ayant le goût du risque, les financements suivent, les difficultés s’aplanissent et les résultats sont au rendez-vous.

Je vous encourage donc tous et toutes à penser à l’opposé et oser…

Salutations «innovantes»

Nathalie Nyffeler
Picture 1

Brainstorming…et guirlandes

Posté le 25 11 2009
par Nathalie Nyffeler

Savez-vous qu’un énorme brainstorming va tout bientôt battre son plein? Mais oui, je vous dis. Les méninges de centaines de millions de personnes aux quatre coins du monde vont s’activer à fond dans les semaines à venir, et ceci dans un même objectif. Cela va être de la pure folie, les gens en feront petit à petit leur priorité absolue. Et le défi est grand car ce n’est pas une bonne idée par personne qu’il va falloir trouver mais plusieurs, certaines en auront besoin d’une dizaine, voire d’une vingtaine, peut-être plus. Et comme il se doit, un brainstorming se fait en équipe. Chacun consultera son partenaire, ses enfants ou sa famille. Le voisin sera le bienvenu pour échanger sur la question, on négociera avec le lointain cousin mais sûr que notre meilleur(e) ami(e) sera dans la confidence. Les opérateurs de téléphonie mobile se frottent déjà les mains tant les appels et sms seront nombreux. Les opérateurs du web gérant leur messagerie sont plus inquiets, leur serveurs seront mis à rude épreuve. Faut quand-même se rendre compte que l’enjeu est colossal, pas vraiment le droit à l’erreur sur ce coup-là car celle ou celui qui n’a pas eu d’idées, ou pire de mauvaises, risque de passer un très mauvais moment…

Vous l’avez compris, _ _ _ _ arrive…

Eh oui, comme chaque année. Toute cette surchauffe qui contribue aux réchauffement de la planète, quel gâchis! Imaginez qu’on puisse mettre toute cette énergie grise pour une cause plus noble. Cette effervescence pourrait se focaliser sur un thème et tenter de trouver des solutions à nos problèmes de société. Faire un vrai brainstorming à l’échelle mondiale, utiliser une seule boîte à idée (en carton, ça fait moins mal quand ça tombe > lire ci-dessous). Ah l’idée universelle, ça fait rêver… En attendant, bon courage pour vos achats de cadeaux.

Laurent Soldini
Designer
ECAL

Je n’aime pas les boîtes à idées…

Posté le 10 11 2009
par Nathalie Nyffeler

…Et elles me le rendent bien.

Cela m’est arrivé lorsque je travaillais à Paris dans une grande tour de La Défense. Dans une de ces entreprises où les « plans de carrière » sont élaborés très sérieusement sur une échelle de temps dont l’unité est la décade. C’était dans une société où les clients étaient appelés par leur « numéro d’identifiant », s’il vous plait.

C’était il y a longtemps.

Cependant, cela aurait pu m’arriver dans une autre entreprise, dans une autre ville, dans un autre pays, et cela pourrait encore m’arriver aujourd’hui…

Une grosse boîte métallique m’est tombée sur le pied droit. Une boîte si énorme et si lourde qu’elle aurait pu me sectionner un doigt de pied. C’était la « boîte à idées » de l’entreprise pour laquelle je travaillais. C’était dans cette boîte que tout le monde était « invité » à y déposer ses idées. Et, quand la boîte était pleine, nourrie de toutes les idées proposées par les employés, elle tombait. Sur mon pied.
La boîte avait été installée pour collecter les idées de tout le monde, mais personne ne faisait quelque chose de ces idées, et les papiers s’empilaient dans la boîte.
Après mon accident, la boîte a été enlevée pour raison « d’hygiène et sécurité sur le lieu de travail » et plus personne n’en entendit parler, de cette boîte.

Je n’aime pas vraiment le concept de boîte à idées. Et, ce n’est pas simplement à cause de cet accident.
En plus du fait que parfois rien n’est fait avec les idées que l’on trouve dans ces boîtes, je n’aime pas le fait qu’elles rendent les choses impersonnelles. Pourquoi devrais-je « placer » mon idée dans une boîte, retourner m’asseoir à ma place de travail et attendre que quelque chose se passe ? Une entreprise qui a besoin que ses employés fournissent des idées innovantes pour contribuer à son développement a besoin de bien plus que quelques feuilles de papier déposées dans une boîte aux lettres !

Dans des marchés de plus en plus compétitifs et globalisés, avec des évolutions de plus en plus rapides et novatrices des technologies et procédés de fabrication, et plus généralement dans un monde en perpétuel mouvement dans lequel bougent ses clients, une entreprise n’a pas besoin de boîtes à idées mais de discussions d’idées.
Quand une idée est librement discutée et diffusée, c’est là qu’elle germe vraiment et qu’elle commence à se développer. Une idée change et est faite pour être changée, elle « mûrit ». Elle est véhiculée à l’intérieur de toute l’entreprise par ceux qui croient en elle. Si l’idée est abandonnée en cours de route, ce n’est pas grave parce qu’elle aura eu sa propre vie au sein de l’organisation. Elle aura suscité des discussions et des réflexions qui peuvent déclencher d’autres idées qui creuseront aussi leur propre chemin dans l’entreprise. Et rien de tout cela ne peut se produire à l’intérieur d’une boîte métallique froide.

Quand j’ai une idée pour mon entreprise et que je suis convaincu qu’elle peut apporter quelque chose, je veux en parler ! Je ne veux pas juste l’enfermer dans une boîte. Je veux exprimer librement mon idée et connaître les réactions qu’elle déclenche. Je veux la défendre – un petit peu – et la discuter – beaucoup. Je ne veux pas rester seul avec mon idée dans une boîte. Si j’y crois et si je pense qu’elle va contribuer au succès de mon entreprise, alors je veux partager ma passion pour celle-ci. Je veux en être son « champion ».

L’innovation a besoin du contraire d’une démarche impersonnelle. Pour devenir réalité, une idée, aussi brillante et novatrice soit-elle, a besoin de vivre dans l’entreprise et non pas seulement d’exister sur un formulaire. Elle a besoin d’être portée par des gens à qui l’on pourra se référer et elle doit être appropriée par toute l’entreprise pour devenir opérationnelle. Il faut l’améliorer, l’enrichir, la modifier et l’adapter, « brainstomer » en considérant tous les aspects qui entrent en ligne de compte. Un projet d’innovation a besoin de mettre une équipe pluridisciplinaire autour d’une même table. Et si ça commence par un papier déposé dans une boîte à lettres, le chemin risque d’être long, très long, trop long.
Une idée novatrice naît de l’échange qui se crée entre des personnes d’expériences et d’expertises différentes, elle ne pousse pas dans une boîte.

Grégory Grin
Engineering Director
local.ch SA
gregory@local.ch
http://www.local.ch

Cours du 30 octobre: immersion dans la phase liquide

Posté le 4 11 2009
par Nathalie Nyffeler

Les trois groupes d’innovateurs en devenir sont entrés dans la phase I du processus d’innovation développé au sein de l’option Marketing & Innovation : la phase Creativ_Idée. Ne pas juger, être décalé, construire sur les idées folles de ses camarades, fous rires assurés pour une journée de créativité sous le signe de la bonne humeur et du travail assidu. Chaque groupe a généré des dizaines d’idées pour leur technologie respective. Elles devront encore être triées, groupées et sélectionnées. Présentation de la phase de créativité dans un Cahier d’idées le vendredi 27 novembre 2009!

13* I-NOWINNOV8

Faut-il être operculophile pour réussir ses innovations?

Posté le 27 10 2009
par Nathalie Nyffeler

Lecture raisonnée et constructive de: Benoit-Cervantes, G. (2008). La boîte à outils de l’innovation. Paris: Dunod.
Aux aficionados du rayon « boîtes à rangement » du catalogue Ikea
A ceux qui utilisent encore le tiroir prévu à cet effet pour ranger leurs crayons
Aux philatélistes, operculophiles, numismates, cumixaphiles, paternaliphile ou nanomanes*
A belle-maman (catégorie réservée aux experts)

A tous les psychopathes, enfin, qui persistent à aligner au cordeau les piles rebelles et autres sujets de contrariété ménagère: cet ouvrage constitue une sorte de fantasme.

En effet, voilà ENFIN un livre qui met de l’ordre dans tout ce fouillis de créativité innovante en rangeant tout dans des catégories résolument logiques. Du coup, comme ça, ça a l’air simple. Difficile de trouver des porteurs de projets innovants? Check list des compétences requises en page 14. Vous ne savez pas lire l’avenir? Faites un cahier des tendances (p.48). Vous avez de la peine à composer votre portefeuille de produits innovants? Adoptez la typologie de Geroski et Marksides, page 66. Vous n’avez pas de nouveau produit? Faites un focus group (p.82). On vous résiste? Matrice des attitudes-influences en page 32.

Bref, cette très jolie collection de 66 outils o-pé-ra-tion-nels est supposée être indispensable pour réussir vos innovations. Notons que la couverture est richement imagée d’un cube avec plein de facettes, métaphore particulièrement judicieuse en regard du contenu. Certes, le cube est une figure pleine de mérites, mais reconnaissons qu’il dispose d’un potentiel d’ébouriffement assez médiocre.

D’où ma question : faut-il être operculophile pour innover? En d’autres termes, une accumulation d’outils amoureusement rangés dans de petites boîtes est-elle la voie royale pour l’innovation? A cette interrogation, la fibre méthodologique profondément enfouie au cœur de chacun d’entre nous ne peut que démanger furieusement. En effet, lâcher sauvagement des outils dans la nature sans une indispensable réflexion un tant soit peu stratégique est toujours inquiétant et riche en opportunités de dérapages incontrôlés. Et, tout à fait entre nous, promettre le sésame de l’innovation à celui qui achète en réalité une bête boîte à outils fleure un peu le bonimenteur vendant de la lotion-pour-faire-repousser-les-cheveux.

Mais c’est ici qu’un soupçon doit nous assaillir, au niveau de l’estomac. L’une des principales facettes de l’innovation repose sur la difficulté d’asseoir à la même table des spécialistes d’horizons différents sans qu’ils se considèrent mutuellement comme des guignols. Ne pourrait-on pas soupçonner ici un exemple flagrant de malentendu culturel?

Et Bingo. L’auteur est une ingénieure docteur en physico-chimie des matériaux. Si la commercialisation de boîtes à outils est un répulsif puissant pour la majorité des universitaires normalement constitués, cela n’est pas le cas pour les ingénieurs, qui réagissent totalement différemment lors qu’ils sont exposés à une liste à puces.

Ces variations interdisciplinaires trouvent très certainement une explication plausible qu’il est très dangereux d’exposer sans un minimum de précautions oratoires. Avez-vous déjà essayé d’expliquer la différence de réflexion entre les hommes et les femmes?

Eh ben c’est un peu pareil.

Silna Borter
Professeure HEIG-VD

* Ce sont respectivement les collectionneurs de timbres, opercules de crèmes à café, pièces, allumettes, pères Noël et nains de jardin. On trouvera toute une liste d’autres déviances et leur nom rigolo à l’adresse suivante:
http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Collections%20et%20collectionneurs/11000955