La formule magique existe-elle?

Posté le 3 juin 2010 par Nathalie Nyffeler

Arrivant gentiment à la fin de cette année scolaire riche en expérience, j’ai décidé de vous exposer ma vision de l’innovation.

L’innovation peut se décomposer en plusieurs degrés de nouveautés. En effet, que ce soit au niveau du produit par une innovation incrémentale ou au niveau du produit et du marché par une innovation de rupture, la nouveauté peut aussi apparaître uniquement au niveau de l’entreprise par un procédé de production ou de distribution novateur (matériel, Rh, méthode de travail), ou encore uniquement pour le marché par une extension de marché avec des produits existants.

Développons maintenant les propos du fondateur et président du Salon international des inventions de Genève.

Une innovation doit être au point au niveau de la performance technique et être commercialisable. En effet, le produit doit être efficace (réaliser la fonction qu’on lui attribue, une ampoule doit éclairer par exemple), efficient (éclairer le plus longtemps possible avec x ampoules ou éclairer x temps avec le moins d’ampoules possibles), et enfin performante, c’est-à-dire que les caractéristiques identifiées par les clients comme étant essentielles à la qualité perçue du produit doivent répondre au minimum à ces exigences et même les dépasser (qualité réelle > qualité perçue). C’est ainsi que le consommateur sera vraiment satisfait et se fidélisera au produit, et peut-être plus tard même à la marque et à l’entreprise. Les clients satisfaits colporteront une image positive du produit, ce qui améliorera sensiblement la réputation et la notoriété de la marque et de l’entreprise. Grâce à cette démarche, le bénéfice net augmentera certainement par une hausse des ventes et peut être même, plus tard, pourrait être maximisé par une augmentation des marges.

Eh oui, commercialisable, il faut que le produit réponde aux préoccupations et même, mieux encore, aux attentes (besoins non formulés) des consommateurs et se révèle être pour lui utile à un moment donné pour son bien-être personnel, en comblant une partie de certains besoins. Par exemple, le besoin de reconnaissance sera en partie comblé par l’identification à une marque, comme une Aston Martin, ou le désir de divertissement comblé par l’achat de jeux vidéo. Pour certains domaines où l’avantage concurrentiel est difficile à établir grâce à l’image de la marque, il faut le trouver dans la chaîne logistique. On peut proposer aux clients un délai de livraison plus court que la concurrence, des garanties plus longues ou encore offrir des caractéristiques techniques innovantes qui participent à une facilitation de notre quotidien au niveau pratique.

L’innovation ne doit pas être trop en avance sur son temps pour qu’elle passe le gouffre qui survient lors du passage, dans la phase de croissance du produit, de l’adoption de la nouvelle technologie des adopteurs précoces aux utilisateurs pragmatiques ou suiveurs. En effet, ceux-ci achètent un produit technologique uniquement s’il permet d’apporter de réelles solutions à leurs préoccupations et ne se révèle pas être un gadget. Ce gouffre peut être franchi si la technologie a une réelle utilité, qu’elle n’est pas trop compliquée et qu’elle n’est pas uniquement réservée à une élite dans le domaine concerné.

La formule magique d’un produit innovateur à succès ne serait-elle pas d’arriver sur un marché avec des barrières à l’entrée pas trop contraignantes, avec un produit innovant en adéquation avec son temps qui solutionne de réelles préoccupations et attentes actuelles des prospects identifiés, mis en avant par un mix marketing innovant et dirigé par un chef de projet motivé et charismatique?

Maxime Dorsaz
Team 13*